La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.

20 novembre 2016 - 07:59

Perdre, perdre, perdre, est-ce vraiment un problème ? Souffrir de la défaite, se mettre en colère après une déculottée, être touché par le désespoir après un naufrage footballistique, est-ce plus raisonnable que maudire la météo? Perdre ou gagner, y a-t-il une différence? Le sauvetage de notre honneur ? Le plaisir de notre ego ? Et les remettre en jeu au match suivant ? Imaginons les commentateurs d'un match, qui seraient plus intéressés par le match livré par notre esprit:

- Bonjour, nous voici aujourd'hui à Corbas, pour un match qui va bien au delà des 3 points à glaner. Il s'agit pour les deux équipes de sauver leur honneur, de faire plaisir à leur ego, de préserver leur fierté.

- Oui mon Jean-Mimi, certes,  certes, mais ensuite ? 

- Comment ça ensuite ?

- Et bien, au match suivant, pareil, même topo, il faut à nouveau éviter la souffrance morale de la défaite, voire l'atroce douleur de la piquette ?

- Eh oui mon petit, il s'agit d'un mouvement perpétuel. Tu gagnes, t'es joyeux, tu perds, t'es triste ou en colère. Dans ce dernier cas, celui de la défaite, tu peux panacher si tu veux, ou tu enchaînes l'un après l'autre, ce sont deux gestes techniques faciles à réaliser l'un après l'autre, et qui te garantissent la souffrance pour quelques heures, voire quelques jours si tu parviens à jongler avec. Bien sûr, si à un moment tu laisses tomber ta tristesse ou ta colère par terre, tu peux la récupérer et rejouer avec encore un peu. Bon, ça finit par s'estomper mais quand même, en général, ça fait bien souffrir.

- Ca a l'air quand même assez technique, non ?

- Tu rigoles mon ptit, t'es nouveau chez les commentateurs toi, ça se voit, rahh l'autre. Y'a rien à faire, tu joues contre plus fort que toi, tu perds bien comme il faut, et après tu souffres. C'est facile... Pourquoi tu souffres? Bah je vas teul dire. Tu souffres parce que tu voulais pas perdre, ou que tu voulais bien jouer. Pourquoi ? Bah j'en sais rien, ça dépend de chacun. On a tous nos raisons.

- C'est un peu facile non, le coup de chacun ses problèmes, débrouillez-vous pour trouver les causes ?

- Ok, je vais te donner quelques pistes. On veut bien jouer parce que: on se sent fort, on a l'impression de se réaliser, on réussit ce que l'on veut faire, se donnant un sentiment instantané de toute puissance. Si on joue mal, on se sent mal, on se trouve nul, on a l'impression de ne pas maitriser ce que l'on fait, de ne servir à rien, d'être impuissant. SI on gagne, on croit que tout va bien, si on perd, que tout va mal.

- Comme dans la vraie vie ?

- Un peu ouais.

- Mais oh vénérable Jeanmimi, comment les gars reviennent sur le terrain après avoir enduré de telles souffrances ?

- C'est le plus drôle, le plus ironique, les gars, tu vas pas me croire, ils surmontent indéfiniment l'échec. Ils se relèvent, encore et toujours, invincibles, increvables, inébranlables, comme s'ils avaient gagné.

- Mais c'est pas possible! Après une telle série de défaites et d'humiliations, on ne se relève pas.

- Tu sais pas à qui t'as affaire mon ptit gars. Moi je connais une équipe, ils prennent régulièrement des branlées, eh bin tu me croiras ou pas, ils retournent au combat, sont incroyables les gars. A un moment, je me suis dit que je viendrais commenter leurs matchs plutôt que ceux de l'équipe de France!

- Non ?

- Si ! Ils ont une sorte d'armure mentale, un imperméable psychique, qui laisse ruisseler les émotions négatives sur  eux sans jamais les atteindre au fond.

- Vous voulez dire que ce sont des X-Men ?

- En quelque sorte. Dans le monde des humains, on n'aime pas perdre. Pour eux, il n'y a ni défaite, ni victoire. Ils viennent, ils jouent, ils rentrent chez eux. Ils savourent juste leur chance de pouvoir jouer, d'avoir leurs deux bras, leurs deux jambes, et de pouvoir s'en servir pour taper dans un ballon. Ils savent qu'une équipe, ce n'est pas éternel.

- Alors à je vous coupe, y a-t-il quelque chose d'éternel en ce bas-monde ?

- Bien vu ptit gars, t'iras loin. En effet, rien d'éternel par ici, tout nait, tout meurt, même les équipes, même les meilleurs joueurs, même le dvd de leurs plus belles actions finira par ne plus fonctionner.

- Qu'est ce qu'il faut faire alors ?

- Je te le donne en mille Emile, rien, ou presque: juste avoir conscience que chaque seconde passée à profiter de ta passion est une seconde unique, mais une seconde qui te rapproche de la fin: un jour tu pourras plus jouer, ou t'auras plus d'équipe, ou tu auras plus envie. Ou tu seras en train de goûter les pissenlits d'un futur stade par la racine!

- Vous voulez dire qu'il faut avoir conscience de l'instant présent?

- C'est ça, si dans l'instant présent, tu penses au passé ou au futur, t'es foutu. Mais si tu oublies que tout s'arrête, tu fais n'importe quoi du présent. Imagines si Lacazette, quand il tirait un péno, il pensait à l'artice de journal du lendemain célébrant son but en finale de ligue des champions, ou le maudissant d'avoir raté. Ou s'il pensait à son dernier péno contre Buffon. Il marquerait jamais. Un péno, tu poses la ballon, tu choisis ton côté, tu prends ton élan, et tu concentres toute ton attention sur l'impact entre ton pied et le ballon. C'est ce moment l'instant présent. La vie, c'est rien que des pénos à chaque seconde. Si tu regardes ailleurs mon pote, tu vas la rater.

- La balle ou la vie ?

- Je te laisse deviner mon petit.

- Et sinon mon Jeanmimi, la défaite, ça sert à quoi?

- Ah oui, j'oubliais. La défaite c'est super, ça t'aide à te débarrasser du besoin de gagner. Si bien qu'à force de perdre, tu acceptes, et tu deviens libre. La vie, c'est comme une série de pénos ratés que tu regardes à la télé. T'es là, tu peux rien faire, le type y rate péno après péno, au début tu gueules, après tu hurles, après tu pleures, après tu chouines, après tu t'arrêtes et tu te dis, mais je suis con ou quoi, j'ai fait de mon mieux pour l'encourager, j'ai acheté ma télé, ma bière et ma pizza, je lui ai mis des like sur Twicrotte et Fessedaube, et y marque même pas son péno? Et finalement tu te dis: punaise, mais ça y est, je suis libre: il peut rater ou réussir son péno le gars, c'est pareil. C'est comme ça. C'est la vie. Je croyais que j'y pouvais quelque chose mais non. Ca me rappelle quand on m'a embouti ma voiture, quand on m'a licencié, quand me  femme est partie. J'ai grogné,hurlé et pleuré, mais je n'y pouvais rien. Je conduis toujours le plus courtoisement possible sans jamais klaxonner mes coéquipiers de la route, je faisais le boulot du mieux possible, sans jamais me plaindre, en pensant au bien de mes collègues et de la boite,  j'ai toujours été le plus bienveilant possible avec ma femme, même si elle ne s'en rendait pas compte, son bonheur passait avant le mien. J'ai souffert, mais c'est fini. Maintenant, je serai heureux. 

- En plus Jeanmimi, quand on pleure, on peut pas les tirer, les penaltys.

- Tu m'épates gamin, à toi le mot de la fin.

Commentaires

Staff
JEAN-PATRICK TCHALIKIAN
JEAN-PATRICK TCHALIKIAN 20 novembre 2016 21:09
Président

Et on se relevera encore et encore

Alexandre Lengreney 20 novembre 2016 09:14
Joueur

Pas mal du tout mon petit Vincent :). Allez la DIP.

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